la Nouvelle Religion

Publié le par Les RadiKals TrieuRs

la Nouvelle Religion

Voici un article paru dans la revue Planète numéro 2 ( dec 1961- jan 1962) de JULIAN HUXLEY, le frére du célèbre Aldous Huxley et petit fils du non moins célébre Thomas Henry Huxley surnommé le "bouldogue" de Darwin...

Julian Huxley est connu pour être le premier à avoir employé le terme"transhumanisme".

Théoricien de l'eugénisme,il a participé à la création de l 'UNESCO et en a été un des premiers directeurs, et a crée en 1961 le WWF(Fond mondial pour la vie sauvage).

Chronique de notre civilisation

"Il n'y a qu'une question:
Pourquoi les hommes sont t'ils faits?
Il n'y a qu'un but:
la naissance de la pensée évolutionnaire.
Telle fut la conclusion de la plus grande assemblée de Savants....



De l'enseignement à la prophétie.

" Cette réunion illustrera peut être une période importante et
critique de l'histoire de notre planète: la période où l'homme
commence à prendre conscience de son destin dans le cadre du destin
évolutif tout entier. " Ainci parlait le président du plus vaste
congrès scientifique du monde. A l'occasion du centenaire des travaux
darwiniens, et grâce à l'initiative de l'université de Chicago, les
plus notables représentants des sciences de la vie et des sciences
humaines s'étaient rassemblés.
" Ce fut, dit Huxley, une des premières occasions d'envisager
publiquement et franchement ce fait: que tous les aspects de la
réalité sont sujets à l'évolution, depuis les atomes et les étoiles
jusqu'aux poissons et les fleurs jusqu'aux sociétés et aux
valeurs humaines; en un mot que toute réalité est un processus unique
d'évolution." Et notre époque est la première où la somme des
connaissances permette d'entrevoir la ligne générale de ce vaste
processus.
A la fin du congrès, sir Julian Huxley se leva et fit solennellement
entendre d'étonnantes et admirables paroles: rien moins que l'annonce
d'une nouvelle religion. Disons plutôt l'émergence d'une nouvelle
conscience. Cette conclusion à la plus complète assemblée de savants
modernes est un fait extraordinaire. Un fait qui réduit au rang
d'attitudes rétrospectives les doctrines et les idéologies en usage
dans nos sociétés encore dominées par l'humanisme positiviste du
siècle dernier.
Les travaux de ce congrès seront bientôt publiés en France, dans une
collection nouvelle: "Science et consciences", chez Plon, par les
soins de notre ami Armand Petitjean qui nous a communiqué, avec
l'assentiment de l'auteur, le discours de Julian Huxley, traduit ici
par Gabriel Véraldi.

UNE ERE NOUVELLE,UNE RELIGION NOUVELLE

par Sir JULIAN HUXLEY


Nous venons à peine d'émerger...
Voici trois cents millions d'années, nos ancêtres amphibies venaient
de quitter l'immense et lourd océan. Sur la frange écumeuse de la
terre, privés du support des eaux, ils devaient maintenant trouver le
moyen de supporter leurs propre poids, ils devaient apprendre à
ramper avec leurs membres maladroits. L'air leur apportait une
nouvelle source d'oxygène, mais il menaçait leur corps humide de
dessication. Et, bien qu'il arrivassent à s'accommoder des conditions
terrestres durant leur vie adulte, ils étaient contraints de vivre en
poissons la première période de leur vie.
Mais ils venaient de conquérir des libertés nouvelles. Au-dessus de
leur tête, l'air ouvrait sur l'infinité de l'espace. La surface de la
terre leur proposait une plus grande variété de chances que le fond
des eaux, et , surtout, une plus grande somme de défis. S'ils avaient
été doués d'imagination, ils auraient vu, dans la lointaine destinée,
la possibilité de marcher, de courir, peut être de voler, la
probabilité, pour leurs descendants, d'échapper au froid des hivers
en réglant leur température, et enfin l'inévitable progrès de leurs
esprits obscurs vers de hauts niveaux de clarté et de puissance. Ils
auraient entrevu, de leurs yeux chassieux de têtards, la lointaine
terre promise, et deviné que , pour l'atteindre, ils auraient à
réussir bien des transformations difficiles de leur mode de vie.
Il en va de même pour nous autres hommes. Nous n'avons que depuis peu
émergé. Pendant un million d'années, comme préhominiens, nous avons
vécu dans l'épais océan biologique. Nous ne sommes réellement des
hommes que depuis cent mille ans: un battement de l'horloge de
l'évolution.

Le proche paysage évolutif
Depuis fort peu de temps nous ne sommes plus exclusivement soutenus et
guidés par les instincts. Depuis fort peu de temps, nous tentons de
vivre dans un milieu différent: cet intangible océan de la pensée que
Teilhard nomme la noosphère, par opposition à la biosphère, d'où nous
sortons. Depuis fort peu de temps, nous essayons d'utiliser notre
volonté et notre pensée consciente comme des organes de locomotion à
travers les complications de notre existence .
Jusqu'à maintenant, nous avons obtenu un succès relatif, conquis un
peu de beauté, acquis quelques grands résultats, mais au prix de
beaucoup de souffrances et d'horreurs. Nous aussi, comme nos
lointains ancêtres les grands amphibies, nous avons colonisé une
étroite frange entre un vieil environnement limité, obscur, et les
nouveaux territoires de la liberté. Nos pieds traînent encore dans la
boue biologique,même quand nous levons la tête dans l'atmosphère de
la conscience. Mais; à la différence de nos lointains ancêtres, nous
pouvons apercevoir la terre promise. Nous le pouvons grâce à notre
nouvel instrument de vision: notre imagination instruite et
rationnelle. C'est un instrument encore faible et trompeur, comme un
télescope d'avant Galilée. Mais, comme ceux-ci, il s'améliorera et
nous révélera bien des secrets de notre habitat et de notre destinée
dans la noosphère.
En attendant, nous pouvons voir à l'oeil nu, dans le proche paysage
évolutif, des problèmes effrayants. Pour cela, il suffit que nous
cessions d'être des autruches de l'intelligence et du sens moral, il
suffit que nous sortions notre tête du sable. Si nous parvenons à
nous arracher à notre aveuglement volontaire, nous nous apercevrons
que ces effrayants problèmes ont deux faces, et qu'ils sont aussi de
stimulants défis.

Des Monstres, des défis et des symptômes
Quels monstres nous guettent sur notre route évolutive? La menace de
la guerre scientifique, nucléaire, chimique, biologique. La menace de
la surpopulation. L'attraction d'une idéologie totalitaire dans les
secteurs déshérités du monde.
L'érosion de la variété culturelle. Notre prédilection pour les
moyens plutôt que pour les fins, pour la technologie et la quantité
plutôt que pour la créativité et la qualité. Et enfin la révolution
en marche, provoquée par l'écart croissant entre ceux qui possèdent
et ceux qui ne possèdent pas, entre nations riches et les nations
pauvres.
Nous autres, qui interrogeons les vastes horizons de la destinée,
nous remercions, nous voyons, en quelque sorte, une Providence dans
la montée du phénomène humain. Mais des millions d'hommes, sur la
terre, ont un regard limité à leur propre misère immédiate et ne
trouvent aucune raison de remercier le destin. Quand j'étais en Inde,
le printemps dernier, un homme fut arrêté pour avoir assassiné son
enfant. Sa vie était si misérable qu'il avait tué son fils en
sacrifice à la déesse Kali, dans le noir espoir que cette divinité le
secoure. C'est un cas extrême. Mais souvenons-nous que les deux tiers
des hommes de la planète sont affamés, ignorants, malades, qu'ils
vivent dans l'ordure et la souffrance. Si nous, Occidentaux, ne les
aidons pas, ils chercherons aide ailleurs, ou bien ils abandonneront
toute espérance pour se jeter dans une sombre activité destructrice.
Nous essayons de régler les problèmes séparément, et souvent à
contrecoeur. Parfois même par exemple, pour la surpopulation nous
refusons de reconnaître officiellement que le problème existe, comme
nous refusons de reconnaître à la Chine moderne le rang de puissance
mondiale. Mais en réalité, il n'y a pas une série de monstres
individuels que l'on doit affronter en combats singuliers, si
héroïques ou saintes que soient ces aventures. il y a une série de
symptômes d'une situation évolutive nouvelle. C'est à cette nouvelle situation,
globalement, qu'il faut faire face. Et nous ne pourrons rien faire
sans une nouvelle organisation de notre pensée, un nouveau degré de
nos croyances, une nouvelle structure de nos idées.

Un Nouveau Point de Vue

Certes, ce changement radical est difficile. Mais il est nécessaire.
Le nouveau système de pensée doit être centré sur un fait essentiel.
Et ce fait essentiel, c'est l'évolution. La certitude nous sera
donnée par la conscience de notre lente ascension évolutive, de
l'étrange et merveilleux éveil de l'esprit, de notre triomphe,
évident et précaire, par les puissances de l'esprit. L'espoir nous
sera donné par la conscience du temps évolutif ouvert devant nous si
l'espèce ne se détruit pas ou ne détruit pas ses chances; par la
contemplation des progrès de l'intelligence et du savoir; par la
reconnaissance des vastes étendues de possibilités humaines encore
inexploitées.
Notre nouvelle organisation de pensée( système de croyances, cadres
de valeurs, idéologie, le nom importe peu) doit se développer dans la
lumière de la vision évolutive. C'est dire que nous devons penser en
termes de changements continuels, regarder le futur plus que le passé,
prendre appui sur la masse croissante des connaissances plutôt que
sur un dogme fixe ou sur l'autorité des anciens.

Sciences et Religion

De même, le point de vue évolutif doit être scientifique. Non pas
dans le sens où il négligerait les autres activités humaines, mais
dans celui d'une grande confiance en une méthode capable de séparer
la vérité de l'erreur, le savoir de l'ignorance. La science, comme
nous l'entendons dans son extrême modernité, accepte l'inévitable
nécessité et, en somme, la nature souhaitable du changement. Elle
accueille des découvertes nouvelles, même quand celle-ci entrent en
conflit avec les manières de voir admises. la seule façon de combler
le fossé actuel entre science et religion, serait que la science
accepte le fait que la religion est organe de l'homme en évolution
( organe susceptible de nombreuses modifications) et que la religion
accepte le fait que les religions évoluent et doivent évoluer.

Le groupe et l'Individu

Ensuite, le point de vue évolutif doit être global. L'homme est
puissant dans la mesure où il agit en groupe qui joignent leurs
connaissances, qui sont capables de mettre en commun leurs pensée et
leur foi. S'il veut remplir sa destinée de maître et d'ouvrier de
l'évolution future sur la terre, l'homme doit devenir un seul groupe,
partageant le même cadre de pensée. Sinon, ses énergies mentales se
dissiperont en conflits idéologiques . La science est déjà, globale;
les savants de toutes les nations contribuent à son progrès. Dans
tous les domaines, nous devons viser au dépassement du nationalisme,
et le premier pas vers ce but est de penser globalement:
Comment telle tâche pourrait-elle être accomplie, sinon par
coopération internationale plutôt que par l'action individuelle?
Mais notre pensée doit aussi se préoccuper de l'individu. L'individu
humain bien développé, bien structuré est , au sens scientifique, le
plus haut phénomène observable, et la variété des individus est la
plus grande richesse du monde.
L'individu a besoin de ne pas se sentir un rouage sans signification
dans la machine sociale, ou la proie impuissante de vastes forces
impersonnelles. Il peut s'efforcer de développer sa personnalité
propre, découvrir ses propres talents et ses possibilités originales,
de joindre avec fruit ses ressources à celles des autres individus.
Quand il peut , il apporte une importante participation au mouvement
évolutif; il contribue par sa qualité personnelle à l'accomplissement
de la destinée humaine.

Qualité et Richesse Contre Quantité et Uniformité

J'ai parlé de qualité. Ceci doit être le concept dominant de notre
nouveau système de croyances: la qualité et la richesse contre la
quantité et l'uniformité. Notre nouveau cadre de pensée doit être
unitaire, mais il ne doit pas imposer une fastidieuse uniformité
culturelle. Un système bien organisé de pensée, d'expression, de vie
sociale, de n'importe quoi, possède à la fois l'unité et la richesse.
La variété culturelle, tant dans le monde en général que dans les
différents pays, est le sel de la vie. Pourtant, il est menacé, il est
érodé, par la production de masse, par les communications de masse,
par la conformité de masse, et toutes les autres forces de
l'uniformisation, un mot laid pour une chose laide! Nous devons
travailler fortement pour nous en préserver.
Un domaine où la variété individuelle devrait être particulièrement
encouragée est l'éducation. Dans la pluspart des systèmes éducatifs,
sous prétexte de prétendue égalité, la variété des dons et des
talents est systématiquement découragée. L'enfant d'intelligence
lente est bousculé; l'enfant brillant est ralenti, donc ennuyé.
Notre nouveau système de pensée doit rejeter le mythe de l'égalité.
Les êtres humains ne sont pas nés égaux en dons et en potentialités,
et le progrès humain s'appuie sur le fait même de leur inégalité.
"Libres mais inégaux" devrait être notre devise, et la diversité des
supériorités, non pas la conformité ou l'adaptation à la moyenne,
devrait être le but de l'éducation.
C'est à propos de la population que la révolution la plus radicale de
notre façon de penser est la plus nécessaire. L'explosion
démographique sans précédent du dernier demi-siècle a vérifié d'une
façon frappante le principe marxiste du passage de la quantité à la
qualité? L'accroissement purement quantitatif de l'humanité se
traduit surtout par une détérioration de la qualité de sa vie.
L'accroissement de la population est déjà en train de détruire et
d'éroder une grande partie des ressources mondiales, tant celles de
la subsistance matérielle que celles, également essentielles mais
souvent négligées,de la joie de vivre et de l'accomplissement . Aux
premiers temps de l'histoire humaine l'injonction de croître et de se
multiplier était bonne. Aujourd'hui, elle est néfaste et y obéir
serait désastreux. Le monde occidental,les Etats-Unis en particulier,
ont réussi la tâche difficile de renverser l'opinion sur ce problème.

Pourquoi les Hommes sont-ils faits?

Le spectacle de l'augmentation explosive de la population nous
contraint à poser la question simple mais fondamentale : Pourquoi les
hommes sont-t'ils faits? Et nous voyons que la réponse a quelques
chose à voir avec leur qualité d'êtres humains, avec la qualité de
leurs vies et celle de leurs réalisations.
Nous devons opérer le même renversement des idées au sujet de notre
système économique. En ce moment, et là encore les Etats-Unis sont
particulièrement représentatifs, notre système économique occidental,
qui ne cesse d'envahir de nouvelles régions, est basée sur
l'expansion de la production pour un maximum de profit,et la production pour le profit est basée sur l'accroissement de la consommation. Comme l'a dit un auteur,l'économie américaine dépend de ce que davantage de gens sont persuadés qu'ils veulent consommer davantage de produits.Mais, de même que l'explosion démographique, l'explosion consommatrice ne peut plus continuer; c'est un processus intrinsèquement autodestructif. Nous devons abandonner, et le plutôt sera le mieux, un système basé sur l'accroissement artificiel des besoins humains et en construire un autre, orienté vers la satisfaction qualitative des besoins réels, spirituel et mentaux aussi bien que matériels et physiologiques? Cela signifie l'abandon de l'habitude pernicieuse d'évaluer chaque entreprise humaine seulement en terme d'utilité, c'est-à-dire d'utilité matérielle et particulièrement de rentabilité pour quelqu'un.

Si nous croyons vraiment, et la vraie foi, pourtant nécessaire, est
rarement aisée, si nous croyons vraiment que la destinée de l'homme
est de rendre possible le plus grand accomplissement d'un plus grand
nombre d'êtres humains et de sociétés humaines, l'utilité au sens
courant devient secondaire. La qualité de la production matérielle
est un moyen pour un fin ultérieure, non une fin en soi.
Les fins importantes de la vie humaine comprennent la création et la
jouissance de la beauté, de la protection de toutes les sources
d'émerveillement et de joies, la conquête de la paix et de l'harmonie
intérieure, le sentiment de participer activement à des entreprises
vastes et durables, y compris l'entreprise cosmique de l'évolution.
C'est ainsi, et non pas autrement, que les individus atteignent à
l'épanouissement.

L'Exploration de l'esprit ne fait que commencer

Quand aux nations et aux sociétés,elle demeurent dans la mémoire de
l'humanité, non par leurs richesses et leurs agréments, mais par
leurs grands édifices et leurs grandes oeuvres d'art, par leurs
réalisations en science, ou en droit, ou en philosophie, par leur
succès à libérer la pensée humaine de la peur et de l'ignorance.
Bien que ce soit à son esprit que l'homme doive sa position dominante, il
est encore étrangement ignorant et même superstitieux à ce propos.
L'exploration de l'esprit vient à peine de commencer. Ce doit être
l'une des tâches principales de l'ère qui s'ouvre, comme l'était
l'exploration de la surface de la terre il y a quelques siècles.
L'exploration psychologique révélera sans doute autant de surprise
que l'exploration géographique. La vision évolutionniste nous permet
de discerner les grandes lignes de la nouvelle religion qui , nous
pouvons en être sûrs, naîtra pour répondre aux besoins de l'ère qui
vient.

La religion qui vient

La religion est certainement une fonction normale de l'existence
psychosociale. Elle semble nécessaire à l'homme . Mais elle n'est pas
nécessairement une bonne chose. Ce n'était pas une bonne chose quand
cet Hindou tuait son fils en sacrifice religieux. Ce n'est pas une
bonne chose que la pression religieuse rende illégal l'enseignement
de l'évolution dans le Tennessee à cause de ses contradictions avec
les croyances fondamentalistes. Ce n'est pas une bonne chose que,
dans le Connecticut et le Massachusetts, les femmes soient exposées à
de graves souffrances parce que la pression de l'Église romaine
empêche les médecins de donner des informations sur la limitation des
naissances même aux non-catholiques. Ce n'était pas une bonne chose
que les Chrétiens persécutent et brûlent les hérétiques.
La religion émergente du proche futur pourrait être une bonne chose.
Elle aura foi en la connaissance. Elle pourra bénéficier de la vaste
somme de savoir produite par l'explosion intellectuelle des derniers
siècles pour construire ce que nous pouvons appeler sa "théologie":
l'échafaudage de faits et d'idées qui la soutiendra
intellectuellement. Elle devrait pouvoir définir, grâce à notre
connaissance accrue de l'esprit, notre sens du bien et du mal avec
plus de clarté et fournir ainsi un meilleur soutien moral. Elle
devrait pouvoir orienter le sentiment du sacré sur de meilleurs objets
que l'adoration de chefs surnaturels, afin de donner un soutien
spirituel plus vrai, afin de sanctifier les hautes manifestations de
la nature humaine dans l'art et dans la compréhension intellectuelle,
afin de faire de la pleine réalisation des possibilités de la vie un
dépôt sacré.
Ainsi, la vision, évolutionniste, que Charles Darwin nous dévoila le
premier voici un siècle, illumine notre existence d'une façon simple
mais presque souveraine. Elle illustre cette vérité, que la vérité
est grande et qu'elle prévaudra, et cette plus grande vérité
évolutionniste nous libère de la peur servile de l'inconnu et du
surnaturel . Elle nous exhorte à affronter cette liberté nouvelle
avec un courage tempéré de sagesse et une espérance tempéré de
savoir.Elle nous montre l'esprit trônant sur la matière, la quantité
soumise à la qualité.Elle soutient nos esprits anxieux en révélant
les incroyables possibilités déjà réalisées dans le passé de
l'évolution et en indiquant le trésor caché des possibilités
vierges. Elle pousse avec puissance l'homme à remplir son rôle
évolutif dans l'univers."

Julian Huxley...

Publié dans chroniques

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